Invitation: The Quilt of Belonging
Salle de presse

Une courtepointe à l'image des communautés ethniques
par France Pilon
Le Droit, Ottawa, 1er Avril 2005

Après six ans de planification et des millions de petits points brodés à la main, la Courtepointe de l'appartenance est finalement terminée.

C'est le public de la région qui a la chance d'admirer, le premier, au Musée canadien des Civilisations les quelque 263 morceaux de tissus brodés par des citoyens de toutes les communautés culturelles du Canada ainsi que des Premières nations du Canada.

C'est un projet complètement fou qu'a réalisé Esther Bryan une artiste-peintre qui rêvait d'exprimer d'une façon symbolique la place unique qu'occupe chaque individu dans l'étoffe de la société. " Bien que nous soyons culturellement différents nous sommes ensembles pour bâtir notre avenir ", a indiqué au Droit l'artiste de Williamstown, en Ontario.

Elle a conçu ce projet unique à la suite d'un voyage en Slovaquie en compagnie de son père qui retournait dans son pays d'origine après des années d'exil. " Je suis née en France, j'ai vécu aux Etats-Unis, au Québec et je n'avais pas conscience de mes racines jusqu'à ce voyage, raconte Esther Bryan. J'ai compris pourquoi les immigrants avaient besoin de garder leur langue, leurs traditions ".

"La Courtepointe de l'appartenance mesure 120 pieds de long et 10 pieds de large et est fabriquée de 263 morceaux de tissus cousus ensemble dont chacun a été conçu par des citoyens issus de toutes les communautés ethniques. La courtepointe représente la vie. Le tissu fait partie de la vie de tout le monde, l'histoire est écrite dans le tissu ", soutient l'artiste.

Véritable portrait de famille, tous les pays du monde sont représentés. " Nous n'en avons pas oublié aucun, ajoute Esther Bryan. Même le Vanuata, une petite république au milieu de l'Océan indien dont un seul ressortissant demeure au Canada, a sa pièce de tissu brodé. " C'est un homme et il a conçu le dessin. Comme il ne sait pas coudre, des bénévoles l'ont aidé ".

Le panneau de la France montre le savoir-faire des petites-mains qui ont brodé au point de Richelieu une scène pastorale comprenant 1600 points au pouce carré.

Chaque morceau représente soit un motif, soit un objet ou une scène qui symbolise le pays et utilise des matières textiles qui lui sont propres. La peau de caribou perlée, la soie brodée d'or, le tweed écossais, le tissu africain teint à la boue et les ailes de papillons font partie de la gamme étonnante de textiles utilisés. Presque tous les panneaux ont été réalisés par des gens ordinaires et non des artistes, de préciser Mme Bryan.

Des milliers de bénévoles ont mis la main à la pâte pour contacter les ambassades, les consulats, les associations culturelles, les Églises et les Mosquées afin d'obtenir la participation des différentes communautés.

L'exposition s'ouvre aujourd'hui à la Grande galerie du MCC pour se terminer le 10 avril. Elle se promènera pendant quatre ans, d'un bout à l'autre du pays et outre Atlantique.

Invitation Project